De quoi parlons nous ?
Ah papa Gilbert, olobaki yango !
Bonjour à tous
Cela fait 11 jours que Gilbert NSONGUISSA MOULANGOU est toujours détenu. Qu’a-t-il fait ?
Cela fait plus de 5 mois que 35 jeunes de Pointe-Noire sont toujours détenus. Qu’ont-ils fait
Cela fait plusieurs années ( trop d’années ) que des millions de Congolais sont privés de liberté, privés de démocratie.
Qu’ont-ils fait ?
A ces questions, je n’ai pas de réponse ; ou plutôt si, j’en ai une qui est une évidence comme le nez au milieu de la figure. Gilbert NSONGUISSA MOULANGOU, les 35 raflés de Pointe-Noire et bien d’autres Congolais ont eu le tort, aux yeux du pouvoir de Brazzaville, de parler, de revendiquer, d’essayer d’éveiller les consciences. Vous me direz quoi de plus normal dans une société que les gens se parlent, quoi de plus normal qu’une revendication légitime de la part des jeunes, quoi de plus normal que l’éveil des consciences ? Dans une démocratie, accomplie, le dialogue entre les différents acteurs de la société est plus que recommandé. Il est le curseur sur lequel tous les yeux sont fixés, il est le thermomètre qui indique la température.
Au Congo-Brazzaville, il est interdit de parler, il est interdit de revendiquer quoi que ce soit et donc par conséquent il est interdit de tenir une réunion publique, sauf pour certains partis qui ont l’agrément des autorités car ces mêmes autorités ne les craignent pas et s’accommodent avec. ( Une flagrante complicité ).
Une réunion publique me dites-vous ? Diantre !!!
Pourquoi réunir les gens ? Pourquoi donc tenir un meeting politique à la veille d’élections ? Je pensais naïvement que les Congolais du Nord au Sud, hommes et femmes, travailleurs et chômeurs, cadres et ouvriers, riches et pauvres etc … avaient le droit d’être informés des enjeux de la future présidentielle, prévue au cours de l’année 2009 ; tant la situation générale ( politique, sociale, économique, sanitaire etc …) est en croissante décrépitude. Mais non, je me suis trompé au regard de ce qui s’y passe.
Gilbert NSONGUISSA MOULANGOU a eu le tort d’avoir demandé la refondation d’un parti politique en décomposition, tellement que dans ce parti on comptera bientôt plus de tendances que de militants !!! Les 35 raflés de Pointe-Noire ont eu le tort de crier et d’afficher leur ras-le-bol. Les Congolais en général ont eu le tort d’hériter d’une classe politique en manque d’idées novatrices, d’une classe politique de prédateurs ( tous partis confondus ), d’une classe politique de marionnettes aux mains d’une « françafrique » trop gourmande.
Je pensais comme tout le monde s’accorde à le dire, qu’avec autant de richesses ( bois, pétrole, minerais et autres ) et une population faisant à peine le quart de celle de la région parisienne, le Congolais moyen pouvait vivre à son aise ; la réalité m’est apparue brutale, dure et donc en contradiction avec mes espérances.
Mais où est le temps où le Congo était le pays détenant l’un des plus forts taux d’alphabétisation en Afrique ?
Mais où est le temps où le Congo pouvait octroyer des bourses d’études à tous ses fils et filles bacheliers ?
Mais où est le temps où les véhicules des services d’hygiène sillonnaient les artères des villes?
Mais où est le temps où au Congo les populations pouvaient se soigner ?
Mais où est le temps où le Congo était victorieux dans les compétitions sportives internationales ?
Mais où est le temps où la corruption au Congo relevait du fantasme et donc était pratiquement inexistante ?
Mais où est le temps où au Congo l’armée était républicaine et cantonnée dans les casernes ?
Mais où est le temps où le Congo était fière d’exhiber les quelques industries de transformation qu’il avait hérité de la première République et du gouvernement du président Alphonse MASSAMBA DEBAT ?
Mais où est le temps où la presse et la justice étaient libres et non aux ordres venus des officines de Mpila ?
Je m’interroge et la liste pourrait s’allonger.
A la manière d’Emile ZOLA, j’ACCUSE !
Je dénonce et j’accuse le silence coupable des partis politiques qui se disent de l’opposition et qui acceptent d’avaler de telles couleuvres. C’est bien la preuve qu’avec une telle opposition, M. NGUESSO peut dormir tranquille et s’attendre à un plébiscite pour 2009.
Je dénonce et j’accuse le silence des intellectuels Congolais qui ont peur d’ouvrir leur bouche, alors que leur indignation publique suffirait à réveiller et à éclairer une partie des consciences.
Je dénonce et j’accuse le silence des autorités françaises ( la France qui est toujours prompte à distiller des leçons de démocratie) sans qui rien ne peut se faire au Congo via leur « françafrique » toute puissante et certaines officines occultes.
Je dénonce et j’accuse le silence des autorités religieuses en général et du Vatican en particulier. Le Vatican qui, dans un pays où un cardinal fut lâchement assassiné il y a plus de trente ans, n’a pas été capable de faire respecter une des dernières volontés d’un autre prélat mort il y’a peu en France. En effet ni le droit canon, ni le testament de Monseigneur Ernest Nkombo n’ont trouvé grâce aux yeux du gouvernement Congolais grand orchestrateur des obsèques de cet évêque.
Je dénonce et j’accuse le silence de la fameuse communauté internationale qui joue souvent au « médecin après la mort » alors que tous les signaux indiquent qu’il faudrait une politique « préventive » en matière de démocratie et de droits de l’Homme.
Je dénonce et j’accuse le silence de tous les démocrates. Ce silence, coupable devant l’histoire doit tous nous interpeller.
Aussi, je demande comme il est d’usage, la libération immédiate et sans conditions de M. Gilbert Nsonguissa-Moulangou, des 35 raflés de Pointe-Noire et des autres personnes privées de liberté pour avoir émis un son discordant de celui du pouvoir de Brazzaville issu d’un coup d’état sanglant en 1997.